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Je vais te parler d'une maladie qu'on ne voit pas. La mienne.

Photo du rédacteur: Jean patrick Jouaud
Jean patrick Jouaud
29 juil.
2 min de lecture

Intolérance environnementale chimique. Certains l'appellent aussi hypersensibilité chimique multiple, ou syndrome d'intolérance aux odeurs chimiques. Peu importe le nom exact, la réalité est la même : mon corps réagit à des choses que la majorité des gens tolèrent sans problème.

Mains tapant du code sur un MacBook près d’une fenêtre ensoleillée, avec café, stylo et rideau beige.

Ce que ça veut dire concrètement

Les symptômes les plus courants pour ce type d'intolérance sont des palpitations, des maux de tête, une grande fatigue, des vertiges, des nausées, des difficultés à respirer, ou encore du mal à se concentrer.


Et ça ne s'arrête pas à la maison. Un magasin de bricolage, une boutique de vêtements neufs, un hôtel fraîchement rénové, et en quelques minutes les mêmes symptômes reviennent : mal de tête, oppression, vertiges, brouillard mental. Autour de moi, personne ne ressent rien.


Dehors, ce n'est pas mieux : les gaz d'échappement en ville, les particules de la pollution urbaine, ce sont des irritants reconnus qui peuvent aggraver les réactions respiratoires chez les personnes sensibles, même sans lien direct avec une allergie classique. Résultat, je ne peux traîner nulle part sans risquer une réaction. Un magasin, une rue passante, un hôtel, une pièce refaite à neuf, tout devient un terrain à risque.


Chez moi, ça se déclenche avec des odeurs de peinture, de solvants, de produits ménagers, de parfums trop présents dans une pièce fermée. Un simple pot de peinture posé la veille, et le lendemain matin, c'est mon corps qui me le fait payer.


Ce que la médecine en dit aujourd'hui, honnêtement

Cette maladie ne fait pas encore consensus dans le monde médical. Il n'existe pas de définition scientifique universellement admise, et à ce jour, elle n'est pas officiellement reconnue en France comme maladie à part entière, contrairement à certains pays comme les États-Unis, le Canada, l'Espagne ou l'Allemagne.


Ce manque de reconnaissance a une vraie conséquence : beaucoup de personnes qui vivent ça passent des années à voir des médecins sans qu'on ne mette de mot dessus, avec le risque qu'on leur dise que c'est "dans la tête".

🏆 "Ça ne l'est pas. C'est une réalité physique, documentée, même si les mécanismes exacts restent encore mal compris par la science."

Ce que ça change dans ma vie au quotidien

Certains jours je vais bien, je peux tout faire. D'autres jours, une odeur suffit à tout faire basculer.


J'ai dû réorganiser mon activité professionnelle autour de ça : quitter un métier où les produits chimiques étaient partout (la menuiserie), pour construire quelque chose que je peux faire même les mauvais jours, à mon rythme, depuis chez moi.


Ce que j'ai appris:

Cette maladie ne m'a pas rendu plus faible. Elle m'a appris à construire une activité qui s'adapte à moi, pas l'inverse.

Et aujourd'hui, j'accompagne d'autres personnes qui vivent une reconstruction professionnelle liée à une maladie, visible ou invisible, à faire pareil.


Si toi aussi tu vis avec une intolérance environnementale, une maladie chronique, ou n'importe quelle réalité que les autres ne voient pas, dis-le en commentaire. Tu n'es pas seul avec ça, et tu n'as rien à prouver ici.

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